TR: [QI-P] 452-Serbie

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<yvesmarie.quemener at rd.francetelecom.fr> ...

i send just the first part, if anyone is interested i can forward the
whole thing. if the list gets to debate it, i can forward in
pieces. Les ]
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A report from Serbia, in French, from an independant
trade-unionist, one of the initiators of International
Workers Aid. He is happy of the overthrow of Milosevic.
It is to be published in Inprecor 452, November 2000,
the review from the USFI.

Yves-Marie Quemener
Mel : yvesmarie.quemener at rd.francetelecom.fr


-----Message d'origine-----
De : Inprecor [mailto:100641.2324 at compuserve.com]
Envoyé : mercredi 25 octobre 2000 19:11
À : .Presse francaise
Objet : [QI-P] 452-Serbie


Serbie
Le soulevement des ouvriers et de la jeunesse met fin au regne de Milosevic

par Radoslav Pavlovic*

Le renversement de Slobodan Milosevic le 5 octobre marque une nouvelle
etape dans l'histoire des Balkans. L'etat d'esprit en Serbie a change de
fond en comble. Rien ne sera plus comme avant. Ce fut un sursaut
d'unanimite et de determination populaire jamais vu en Serbie, car il
s'agissait de reagir a la decheance collective sure et certaine, au cas ou
le tyran se serait octroye encore des annees d'un pouvoir arbitraire.
La greve generale a ete totale. Les participants de ce mouvement, qui a
touche chaque foyer et le moindre village du pays, n'en revenaient pas
eux-memes le lendemain :  On ne pouvait meme pas imaginer que c'etait si
facile. On s'attendait a une guerre civile, or tout s'est passe en quelques
heures.
Les illusions sont la suite logique d'un nouvel immense espoir, les
problemes essentiels demeurent, mais un barrage monstrueux devant l'avenir
a ete balaye a coup de pelleteuses, haut symbole du 5 octobre, que les
ouvriers - a la pointe du mouvement - ont utilisees comme  moyen de se
frayer le passage.

Montee populaire determinee sur Belgrade
Ce sont les mineurs de Kolubara qui ont donne le signal et le ton au
mouvement. Comme les autres, en majorite ils votaient pour Milosevic. En
dix ans ils avaient a peine mene une greve economique. Par cette
moderation, mais aussi par leur place centrale dans le systeme
electro-energetique, leur action devenait une affaire d'Etat. Et des le
depart ils donnent le ton : il ne s'agit pas de revendications
categorielles mais bien d'une revendication hautement politique, la
reconnaissance de la victoire de Vojislav Kostunica, ce qui est tout a leur
honneur.
Le pesant face-a-face avec les unites speciales de police (
anti-terroristes ), l'ordre urgent du procureur public de proceder a
l'arrestation du comite de greve en tant qu'organe d'une action de
sabotage,  tout cela n'empeche pas les mineurs de tenir bon pendant plus
d'une semaine et de permettre a l'ensemble de la classe ouvriere,
inorganisee, de se decider et de se mettre en route.
 Une revolution pacifique   ? Elle etait pacifique car le rapport de forces
a change d'un bout a l'autre. Ce n'est pas parce que Milosevic s'est
volontairement incline devant le verdict du scrutin que le conflit sanglant
a ete evite. Il avait mobilise toute la police disponible. Mais l'unanimite
et la determination populaire ont depasse tout ce que lui, comme Kostunica,
avaient pu imaginer. On savait que Belgrade seul contre le regime n'aurait
pas emporte la victoire. C'est la province qui avait le role decisif : les
villes ouvrieres comme Cacak, Kraljevo, Kragujevac Uzice, Valjevo, Novi Sad
, Nis - par ailleurs fortement bombardees l'annee derniere. La majorite des
100 000 provinciaux venus preter main forte a Belgrade, le 5 octobre,
etaient des jeunes et des ouvriers. Leurs camarades sont restes sur place,
occupant pratiquement la ville. Dans cette greve generale il y avait cet
element dynamique absolument indispensable pour casser de nombreux barrages
sur les routes menant a la capitale et soutenir de maniere decisive les
belgradois lors de la prise du Parlement et de la RTS (Radio-TV d'Etat).
C'est d'ailleurs un bulldozer de Cacak qui a defonce la porte de la
Bastille  de Milosevic , l'immeuble de la RTS.
Cet apport decisif de la classe ouvriere dans le renversement de Milosevic
- par la greve generale et par une action energique, qu'elle insuffle a
l'ensemble du mouvement - est d'autant plus evident si on le compare a
l'hiver 1996-1997, lorsque des centaines de milliers de belgradois avaient
manifeste pendant trois mois contre le vol des elections municipales.
C'etaient les manifestations des fleurs pour les policiers en ordre de
bataille, des bougies et des icones. La classe ouvriere a cette epoque ne
s'etait pas mise en marche, ce qui a permis a Milosevic de ceder sur les
municipales pour garder le pouvoir central intact. Cette fois-ci, Milosevic
a encore essaye d'utiliser l'effet nefaste des tergiversations politiques
sur un mouvement  de contestation. Sans la classe ouvriere, qui a renforce
le moral de la population, l'opposition victorieuse aurait pu facilement
ceder a la peur de la guerre civile et accepter le marchandage.
Donc, l'unanimite et la determination populaire ont politiquement desarme
aussi bien la police que l'armee. N'empeche que lors de chaque barrage il
fallait faire avancer les  gueules noires  menacantes des ouvriers, qui ne
s'attardaient pas dans de longues discussions avec la police mais lancaient
 un ultimatum sans appel :  Vous vous ecartez, sinon on vous marche dessus
!  Et sans attendre la reponse , ils precipitaient dans la fosse les
vehicules de police au moyen de bulldozers amenes expres. Dans de telles
circonstances il n'est pas etonnant que plus d'un flic se soit revele
heureux de pouvoir ceder sans mettre en cause sa responsabilite personnelle
: l'ordre d'en haut, c'est bien ; la vie, c'est mieux.
Milosevic lui-meme etait destabilise. La defaite electorale etait
flagrante, il fallait trop de temps pour en sortir une magouille credible,
l'appareil d'Etat ne marchait plus qu'a contre-coeur. Dans la rue cela ne
rigolait pas du tout, chaque fonctionnaire etait amene a jouer une grosse
carte, la carte de sa vie : continuer de jouer petit avec le perdant et
risquer gros en cas d'erreur ?
Pour Milosevic, isole dans son dernier carre de fideles, rien ne marchait
plus, la panique envahissant les hautes spheres du pouvoir, il s'entetait a
mentir et louvoyer, ce qui le rendait indefendable meme aux yeux de ses
propres electeurs. Il a regne par la peur, il a fini par gagner le mepris
universel. Ce n'etait pas l'homme isole qui se defendait courageusement
contre la maree montante, il etait amene a devoiler sa veritable nature :
epicier menteur, mesquin et stupide dans son cynisme sans bornes et sans
aucune prise sur la realite. Pour quelqu'un qui pretendait a des titres
imperiaux dans le combat  contre le monde entier, c'etait plutot ridicule.
Et comme on sait, le ridicule tue. Ce n'est pas un homme en train de
degouter toute une nation qui pouvait insuffler l'esprit de decision aux
policiers et militaires. Il fut minable lors de sa chute comme le dernier
Bourbon ou le dernier Romanov.

Le roi etait nu
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