[Marxism] Re: Zbigniew Brzezinski: Face Reality

Gilles d'Aymery aymery at ix.netcom.com
Tue Jun 1 20:09:26 MDT 2004


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To add to Walter's comments on the latest Brzezinski's "attack" on the 
Bushites, it's worth remembering this interview he gave to the French 
magazine, Le Nouvel Observateur, in 1998 -- just to keep in mind 
that, as Walter says, the goals are the same, only the tactics change...
(I provide the French version first, courtesy of William Blum, and the 
English version next.)

Le Nouvel Observateur, 15-21 Janvier 1998, p.76

Les révélations d'un ancien conseiller de Carter

"Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes.."

Le Nouvel Observateur. -- L'ancien directeur de la CIA Robert Gates
l'affirme dans ses Mémoires (1): les services secrets américains ont
commencé à aider les moudjahidine Afghans six mois avant
l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du
président Carter pour les affaires de securité; vous avez donc joué
un rôle clé dans cette affaire? Vous confirmez? 

Zbigniew Brzezinski (2). -- Oui. Selon la version officielle de l'histoire, 
l'aide de la
CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est à dire après que
l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979.
Mais la réalité gardée secrète est tout autre: c'est en effet le 3
juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive
sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de
Kaboul. Et ce jour-là j'ai écrit une note au président dans laquelle
je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une
intervention militaires des Soviétiques.

N.O. -- Malgré ce risque vous étiez partisan de cette "covert action"
(opération clandestine). Mais peut-être même souhaitiez-vous cette
entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous àla provoquer?

Zbigniew Brzezinski -- Ce n'est pas tout àfait cela. Nous n'avons pas
poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté 
la
probabilité qu'ils le fassent.

N.O. -- Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en
affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des
Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant il y avait
un fond de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd'hui? 

Zbigniew Brzezinski -- Regretter quoi? Cette opération secrète était 
une
excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le
piège Afghan et vous voulez que je le regrette? Le jour où les
Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au
président Carter, en substance: "Nous avons maintenant l'occasion de
donner à l'URSS sa guerre du Vietnam". De fait, Moscou a dû mener
pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un
conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement
de l'empire soviétique.

N.O. -- Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme
islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils àde futurs
terroristes? 

Zbigniew Brzzezinski -- Qu'est-ce qui est le plus
important au regard de l'histoire du monde? Les taliban ou la chute de
l'empire soviétique? Quelques excités islamistes où la libération de
l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

N.O. -- Quelques excités? Mais on le dit et on le répète: le
fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace 
mondiale.

Zbigniew Brezinski -- Sottises. Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait
une politique globale à l'égard de l'islamisme. Ç'est stupide: il n'y
a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et
non démagogique ou émotionnelle. Ç'est la première religion du monde
avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie
Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste,
l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus
que ce qui unit les pays de la chrétienté --

Propos recueillis par Vincent Jauvert
(1) "From the Shadows", par Roberts Gates, Simon and Schuster
(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier "Le Grand Echiquier", Bayard
Editions.

Le Nouvel Observateur, 15-21 January 1998, p. 76

Question: The former director of the CIA, Robert Gates, stated in his 
memoirs ["From the Shadows"], that American intelligence services 
began to aid the Mujahadeen in Afghanistan 6 months before the 
Soviet intervention. In this period you were the national security 
adviser to President Carter. You therefore played a role in this affair. 
Is that correct?

Brzezinski: Yes. According to the official version of history, CIA aid 
to the Mujahadeen began during 1980, that is to say, after the Soviet 
army invaded Afghanistan, 24 Dec 1979. But the reality, secretly 
guarded until now, is completely otherwise Indeed, it was July 3, 
1979 that President Carter signed the first directive for secret aid to 
the opponents of the pro-Soviet regime in Kabul. And that very day, I 
wrote a note to the president in which I explained to him that in my 
opinion this aid was going to induce a Soviet military intervention.

Q: Despite this risk, you were an advocate of this covert action. But 
perhaps you yourself desired this Soviet entry into war and looked to 
provoke it?

B: It isn't quite that. We didn't push the Russians to intervene, but we 
knowingly increased the probability that they would.

Q: When the Soviets justified their intervention by asserting that they 
intended to fight against a secret involvement of the United States in 
Afghanistan, people didn't believe them. However, there was a basis 
of truth. You don't regret anything today?

B: Regret what? That secret operation was an excellent idea. It had 
the effect of drawing the Russians into the Afghan trap and you want 
me to regret it? The day that the Soviets officially crossed the border, 
I wrote to President Carter. We now have the opportunity of giving to 
the USSR its Vietnam war. Indeed, for almost 10 years, Moscow had 
to carry on a war unsupportable by the government, a conflict that 
brought about the demoralization and finally the breakup of the Soviet 
empire.

Q: And neither do you regret having supported the Islamic 
fundamentalism, having given arms and advice to future terrorists?

B: What is most important to the history of the world? The Taliban or 
the collapse of the Soviet empire? Some stirred-up Moslems or the 
liberation of Central Europe and the end of the cold war?

Q: Some stirred-up Moslems? But it has been said and repeated 
Islamic fundamentalism represents a world menace today.

B: Nonsense! It is said that the West had a global policy in regard to 
Islam. That is stupid. There isn't a global Islam. Look at Islam in a 
rational manner and without demagoguery or emotion. It is the leading 
religion of the world with 1.5 billion followers. But what is there in 
common among Saudi Arabian fundamentalism, moderate Morocco, 
Pakistan militarism, Egyptian pro-Western or Central Asian 
secularism? Nothing more than what unites the Christian countries.

Translated from the French by Bill Blum

Gilles d'Aymery
Swans.com






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