[Marxism] social regression via religion

David Thorstad binesi at gvtel.com
Tue Jul 1 07:28:27 MDT 2008



OY and VEY! More "identity politics" running amok.
David
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*La France des diverses cités
in rubrique « ça va mieux en le disant », Marianne, 28.06-04.07.2008, p. 17
par Guy Konopnicki
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La commission chargée de moderniser le préambule de la Constitution ne 
remettra pas son rapport avec l¹automne. La tâche semble plus complexe 
que ne l¹imaginait Nicolas Sarkozy en confiant à Simone Veil la 
direction de ce groupe de travail chargé d¹intégrer la reconnaissance de 
la diversité française à l¹énoncé des principes de la République, une et 
indivisible. La diversité a frappé très fort dans un quartier de Paris 
où, depuis plus d¹un siècle, toutes les immigrations s¹intégraient.
A cet endroit, les jeunes juifs se promènent avec des signes 
distinctifs, ce qui n¹est pourtant plus obligatoire depuis la reddition 
du général von Choltitz, le 25 août 1945. D¹autres jeunes gens, souvent 
également affublés d¹oripeaux identitaires, leur disputent des 
territoires stratégiques, situés entre le Guignol et la pièce d¹eau du 
parc des Buttes-Chaumont. Ça, c¹est Paris aujourd¹hui. Au pied des 
Buttes, tout est calme. On ne signale pas d¹affrontements sur la ligne 
de démarcation qui sépare les quartiers hétéros friqués du réduit gay 
branché.
Dans la capitale des « diversités », les groupes ennemis s¹accrochent à 
leurs origines. Jadis, la municipalité de Paris a tout fait pour 
conforter les groupes et creuser les différences. Le maire, Jacques 
Chirac, alors soutenu par les élus socialistes, a favorisé et soutenu 
financièrement l¹implantation, dans le XIXème arrondissement, du plus 
grand lycée loubavitch d¹Europe. Jusque-là, les juifs d¹Europe orientale 
qui s¹installaient à Paris abandonnaient les obscures traditions de 
Pologne et d¹Ukraine, barbes, papillotes, caftans et chapeaux. Ils 
parlaient parfois un français incertain, mais entre le boulevard de 
Belleville et les Buttes-Chaumont on rencontrait rarement des juifs 
vêtus comme leurs ancêtres des ghettos.

Aujourd¹hui, on pourrait croire que la rue de Crimée doit son nom à une 
population qui semble sortir des Contes d¹Odessa d¹Isaac Babel. On ne 
saurait pourtant parler de retour des traditions. Les descendants des 
immigrés de Pologne
et de l¹Empire russe sont intégrés depuis longtemps, on les rencontre 
plus souvent à Saint-Germain-des-Prés que dans la rue de Crimée. Pour de 
mystérieuses raisons, des juifs venus du Sud se sont déguisés en 
ashkénazes de 1905 pour prendre leur part de ghetto en plein Paris.
L¹immigration juive d¹autrefois était, en tous domaines, un modèle 
d¹intégration. Elle n¹enfermait pas ses enfants dans les écoles 
confessionnelles. Trop heureux de trouver un pays où l¹école et 
l¹université ignoraient les discriminations, les immigrés juifs 
attachaient le plus grand prix à la réussite scolaire. Ils ne 
réclamaient pas de cantines casher, moins
encore des établissements où l¹on peut prier cinq fois par jour. Ils 
aimaient cette école laïque qui permettait aux gosses des tailleurs 
polacks de devenir médecins, ingénieurs, d¹intégrer l¹aristocratie 
républicaine, celle du mérite et du concours.
Aujourd¹hui, dans ces mêmes quartiers où les jeunes juifs, vivant 
souvent dans des taudis, se préparaient aux études supérieures, on isole 
les enfants, de la crèche au lycée. On les enferme dans des écoles 
confessionnelles. Et cette désintégration a été conçue, financée par la 
Ville de Paris et par l¹Etat. Des ministres socialistes ont accordé le 
bénéfice du
contrat à des établissements où le costume religieux est obligatoire, la 
mixité interdite et où l¹on prend des libertés avec l¹enseignement de 
l¹histoire et celui des sciences de la nature. Les élus parisiens, de 
droite et de gauche, ont subventionné l¹obscurantisme. Ils ont détruit 
ces pépinières de la République qu¹étaient les quartiers populaires de 
Paris.
Alors, il y a des bandes, des affrontements. Tout le monde s¹indigne, 
mais, quand on construit des ghettos, on prépare les pogroms.

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